LUXE ET DEVELOPPEMENT DURABLE : l’événement littéraire de la rentrée !

by Julie

Nous n’avions pas attendu que Cécile Ducroc-Lochard écrive un livre pour entendre parler d’elle et aller à sa rencontre!

Cécile, c’est un peu LA figure emblématique du green chic, qui porte le durable et le désirable aussi haut dans son cœur que dans son allure!

Ancienne directrice des grands donateurs du WWF, fondatrice de Citizen Luxury (consulting en développement durable), siégeant au comité de sélection du salon 1.618, Sustainable Luxury (le salon/exposition qui présente les tendances du luxe et du DD), elle est aujourd’hui déléguée générale du fonds Humus pour la biodiversité. Voilà pour le CV … et là encore, on n’est pas exhaustive !

Donc, quand Cécile nous a parlé de son projet de livre sur le luxe et le développement durable… on était très impatiente de voir le résultat ! Et le résultat le voilà… et c’est le livre qu’on attendait.

Coécrit avec Alexandre Murat, fondateur d’Adamence.com (première joaillerie sur internet spécialisée dans le diamant), ce livre est une enquête menée dans les univers du luxe et du développement durable auprès de nombreux experts.  On y trouve par exemple des témoignages de Sylvie Bernard (LVMH), Alain-Dominique Perrin (Richemont), Laurent Claquin (PPR), Jerôme Schehr (Shangri-La), Julie El Ghouzzi (Le Centre du Luxe et de la Création), Erwan le Louer (Jem), Valentine Gauthier, Alice Audouin (Havas Media), Sylvain Lambert (PricewaterhouseCoopers), Elisabeth Laville (Utopies)… bref plus d’une cinquantaine de  « grands » mais aussi des « moins grands », tous ceux qui font et feront le luxe et le DD de demain.

Cecile Lochard & Alexandre Murat – copyright Fabien Lemaire

Luxe et Développement Durable, La nouvelle alliance se propose de répondre à la question : comment faire évoluer le luxe vers une prise en compte systématique du développement durable ? Non militant mais à la fois pragmatique, constructif et optimiste, c’est la démarche journalistique et pédagogique de l’approche que nous avons aimé : d’abord l’état des lieux, puis les premières réponses du secteur, et enfin pour un luxe responsable : des recommandations et des perspectives.

Dans un monde qui aurait tendance à opposer, a priori, le luxe (le futile, le superficiel, l’ostentatoire, etc.) et le développement durable (la frugalité, la sobriété, etc.), nous avons toujours été convaincues de leur ADN commun : le savoir-faire, la qualité, l’artisanat, entre autres choses. Et c’est justement ce terrain commun, et les possibilités qui en découlent, que le livre explore.

Nous sommes allées à la soirée de lancement, nous faire dédicacer ce bel ouvrage, et interviewer Cécile pour qu’elle nous en dise un peu plus sur cette aventure… Et voici pour vous !

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Comment est née l’idée d’un livre sur le luxe et le DD ?

En travaillant pour le WWF, j’ai eu l’occasion de participer à une étude qui a conduit à la réalisation du Deeper Luxury Report de WWF. C’était la première fois, je crois, que la problématique du développement durable cherchait à se confronter au « secteur » luxe en tant que tel.

Puis le projet du salon 1.618 sur le Luxe et le Développement Durable m’a été présenté… et nous avons décidé de le soutenir. Je crois que c’est comme ça que j’ai commencé à « étudier » de façon un peu plus professionnelle une thématique pour laquelle j’avais déjà une sensibilité personnelle.

J’ai donc commencé à effectuer des recherches de littérature sur le sujet… et je n’ai rien trouvé !

Quelle a été ta méthodologie ?

L’étiquette « pro du DD » et « membre d’une ONG » n’était pas toujours évidente pour aborder les entreprises du luxe ! Les entreprises ont parfois un rapport difficile avec les sujets liés à l’éthique et l’environnement : la peur d’être jugé, épinglé, une vision souvent contraignante et culpabilisante de l’écologie, surtout en France…

Assez naturellement je me suis associée avec Alexandre Murat, le fondateur d’Adamence.com, le 1er site internet de vente en ligne de diamant, donc un innovateur dans le secteur du luxe.  Avec ces deux casquettes, ces deux compétences complémentaires, nous pouvions légitimer notre projet auprès des experts des deux mondes.

Quel a été votre accueil… et vos réactions ?

Il a fallu rassurer les interlocuteurs que nous allions voir : « c’est constructif, c’est non militant, c’est un format quasi-journalistique ». Au début c’était un peu dur, et puis après ca a fait l’effet boule de neige !

Souvent, j’arrivais avec une idée assez arrêtée de ce qui m’allait être dit… et j’ai été parfois bien surprise !! J’ai rencontré des gens formidables, qui m’ont fait part de leurs croyances et de leurs doutes sur ces sujets… Cela a été l’occasion d’un vrai échange concret, et c’est cela que j’ai apprécié par dessus tout.

D’après tes entretiens… est ce que le consommateur réclame du luxe responsable ?

De plus en plus de personnes qui ont accès aux produits de luxe souhaitent donner un sens à leur consommation, un état d’esprit qui va avoir tendance à irriguer tous leurs actes d’achats… Mais attention, ce n’est pas toujours le cas, et ce n’est pas un critère unique et suffisant !! On parle ici d’une tendance qui a plus été remarquée par des sociologues que par des boutiques de luxe…

Alors… Luxe et Développement Durable : faux ennemis ?

A ma grande surprise, et c’est peut être une des conclusions de ce livre, j’ai découvert que le développement durable avait beaucoup à apprendre du luxe. Particulièrement en France, le développement durable est encore beaucoup vu comme une contrainte. Toute prise de parole sur le sujet est axée sur le besoin, sur l’utilité, voire sur la menace et la peur… et jamais sur le plaisir et la séduction. Je suis convaincue que pour être efficace et sortir de son image « écolo-militant-extrémiste », le DD doit se rendre désirable.

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Voilà de quoi alimenter nos réflexions sur le sujet !! Quand on sait le pouvoir d’influence, la force motrice que le luxe représente, on comprend bien le rôle formidable qu’il peut jouer dans la prise en compte du développement durable par un grand nombre de métiers et secteurs. Force motrice considérable, il dessine les tendances, oriente des activités entières. Mais par peur d’être taxées de « greenwashing », beaucoup d’actions restent inconnues, et par conséquent peu suivies…

Au luxe donc de se décomplexer et de se réapproprier ses valeurs fondatrices. Il y a sans doute un grand pas à franchir en termes de communication dans un secteur qui valorise encore trop la culture du secret comme garant du rêve…

Merci Cécile d’avoir ouvert le débat grâce à ce livre et d’avoir répondu à nos questions !

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Julie & Marie

Infos pratiques :

Luxe et Développement Durable, la nouvelle alliance – Editions Eyrolles

Disponible dès à présent dans toutes les bonnes librairies ou en ligne ici

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